Le groupe marocain CIMAF a officialisé, le 27 février 2026, la reprise de 70 % du capital de la Société nationale de ciment du Tchad, la SONACIM. La cérémonie s’est tenue à N’Djamena en présence du ministre du Commerce et du ministre d’État chargé des Finances. L’entité résultante, baptisée CIM-Tchad, marque l’entrée de CIMAF dans un nouveau marché d’Afrique centrale.
Une transaction à 36,5 milliards de FCFA avec des engagements sur cinq ans
L’opération est évaluée à 36,5 milliards de FCFA (environ 600 millions de dirhams) pour la transaction initiale, auxquels s’ajoutent 12 milliards de FCFA d’investissements programmés sur cinq ans. Ce qui représente près de 200 millions de dirhams supplémentaires. L’État tchadien, associé aux communes de Pala, Léré, Fianga et Gounou-Gaya, conserve les 30 % restants, garantissant une présence publique dans la gouvernance. La Commission de la CEMAC avait donné son accord en janvier 2026, inscrivant l’opération dans le cadre réglementaire communautaire.
L’objectif prioritaire est la relance de l’usine de Pala-Baoré, à l’arrêt depuis plusieurs années, pour couvrir la demande nationale et accompagner le déploiement du programme Tchad Connexion 2030.
CIMAF, douze pays et une logique de souveraineté industrielle
Créée en 2011 par le groupe CIMAT d’Anas Sefrioui, CIMAF était déjà implantée dans onze pays africains avant cette opération. Il était présent dans les nations suivantes : Côte d’Ivoire, Guinée, Cameroun, Burkina Faso, Gabon, Ghana, Mali, Mauritanie, Guinée-Bissau, Congo-Brazzaville et Sénégal. Le Tchad constitue le douzième marché.
La stratégie du groupe repose sur un principe constant, à savoir s’appuyer sur les ressources locales, substituer les importations de ciment et créer des emplois directs. Au Sénégal, une cimenterie intégrée d’une capacité d’un million de tonnes a démarré ses activités en 2024. L’opération tchadienne suit la même logique d’ancrage industriel durable dans des pays avec de fortes demandes d’infrastructures.









