Situé entre Rabat et Casablanca, un terrain de 80 hectares va accueillir l’un des complexes audiovisuels les plus ambitieux du continent. Initié par la productrice Khadija Alami, membre de l’Académie américaine des Oscars, le projet Argan Studios vise une inauguration complète en 2030, avec une première ouverture dès 2027.
Un écosystème intégré, du tournage à la postproduction
Le complexe ne ressemblera pas à Ouarzazate, historiquement tourné vers les décors extérieurs. Argan Studios mise sur des plateaux intérieurs de grande capacité comprenant un campus de formation aux métiers du cinéma, deux hôtels et des centres d’affaires. L’investissement total est estimé à 70 millions d’euros, dont environ 18 millions mobilisés par K Films, la société de Khadija Alami. La Banque mondiale et la Caisse de dépôt et de gestion sont pressenties pour un financement partiel, aux côtés d’un emprunt bancaire local. Une quarantaine d’hectares sera acquise auprès de l’État marocain.
Le partenaire stratégique annoncé est le MBS Group qui est un opérateur américain de studios affilié à Hackman Capital Partners. C’est lui qui a convaincu Netflix, Prime Video et Disney de formaliser leurs intérêts pour tourner dans le futur complexe.
Le Maroc face à l’Afrique du Sud, l’Espagne et Malte
En 2024, des producteurs étrangers ont injecté environ 110 millions d’euros dans l’économie marocaine. Mais le royaume reste, pour l’instant, un peu à l’écart. Argan Studios vise à changer les donnes en intégrant toute la chaîne de valeur du complexe. Khadija Alami entend positionner le pays face à des concurrents installés, notamment l’Afrique du Sud, l’Espagne et Malt. Argan Studios met en avant sa proximité avec les aéroports de Rabat et Casablanca qui sont accessibles en trente minutes.
Le projet est suivi par un conseiller du Roi Mohammed VI, signe de la dimension stratégique que le Palais lui accorde dans la politique culturelle du Royaume à l’horizon 2030.









