Le feu vert accordé par la Commission européenne à l’accord conclu entre le Maroc et la France change l’équation du dossier CRD6. Pour Rabat, l’enjeu dépasse la seule présence bancaire dans l’Hexagone. Il s’agit de préserver des canaux familiers pour les Marocains d’Europe et d’éviter que leurs transferts basculent vers des circuits plus coûteux ou moins fluides. Cette validation ouvre aussi une phase de négociation plus active avec d’autres capitales européennes.
La France devient un point d’appui
Selon Abdellatif Jouahri, l’accord validé permet aux banques marocaines de poursuivre leurs opérations relais en France sans grosse difficulté. Ce feu vert sert désormais de référence pour les discussions engagées avec les Pays-Bas et la Belgique, avant l’Italie, l’Espagne puis l’Allemagne. Le dossier français compte d’autant plus que la France pèse plus de 30% des transferts des MRE, ce qui en fait la vraie porte d’entrée de la stratégie marocaine.
Ce que CRD6 change pour les MRE
CRD6 harmonise le cadre appliqué aux banques de pays tiers dans l’Union européenne. Le texte impose un encadrement plus strict des services bancaires de base et prévoit qu’à partir du 11 janvier 2027, les établissements non européens ne pourront plus fournir ces services sur une simple base transfrontalière sans branche autorisée localement. Pour les MRE, le risque était clair : moins de proximité bancaire, davantage de formalités et des transferts potentiellement plus lents ou plus chers.
Une bataille désormais européenne
Le Maroc avance désormais avec un argument concret : un schéma déjà accepté par Bruxelles. Cette base renforce sa marge de négociation pays par pays, au moment où les transferts MRE restent un pilier financier majeur. À fin février 2026, ils ont atteint 18,544 milliards de dirhams, en hausse de 4,2% sur un an selon l’Office des Changes. Protéger les banques marocaines en Europe, c’est donc aussi protéger la continuité d’un flux vital pour l’économie nationale.









