Il ne joue pas au football, mais Hamza Lemssouguer fait rayonner le Maroc sur une autre scène mondiale : celle de la haute finance londonienne. Fondateur du hedge fund Arini Capital, ce Marocain de 35 ans s’est imposé comme l’une des figures les plus suivies de la gestion d’actifs alternatifs en Europe.
D’une Grande École à la City
Le parcours de Lemssouguer suit une logique de progression méticuleuse. Étudiant en mathématiques et statistique à l’École Polytechnique de Paris, il effectue ses premiers stages à Goldman Sachs puis au Crédit Suisse, qu’il rejoint définitivement en 2015. En moins de quatre ans, il prend la tête du desk trading crédit à haut rendement pour l’Europe, à un âge où ses pairs occupaient encore des postes d’analyste. Son desk génère, en 2020 seul, près de 220 millions de dollars, soit 5,5 % des revenus de trading obligataire de la banque. Son rendement brut annualisé au CS atteint 38 %, avec des pics à 81 % en 2019 et 44 % en 2020.
Arini : un fonds bâti sur la conviction
En 2022, Lemssouguer quitte le Crédit Suisse et fonde Arini Capital à Londres, avec environ 1 milliard de dollars d’investisseurs initiaux. Le nom du fonds est un hommage aux perroquets aracangas qu’il élève. La progression est rapide : dès 2023, l’Arini Credit Master Fund (2,7 milliards de dollars sous gestion) affiche un rendement de +32 %, contre une moyenne de 8 % pour les fonds comparables selon Bloomberg. L’Arini Structured Credit Equity Fund, lancé en cours d’année avec 544 millions de dollars, gagne 26,7 % en quelques mois.
Fin 2024, les actifs totaux d’Arini frôlaient 7 milliards de dollars, avec une performance annuelle de +21,2 % pour le fonds principal. Un MRE discret, mais dont les résultats parlent haut.









