Ils arrivent en famille, quelques cartons dans le coffre et un projet de vie préparé depuis des mois. Chaque année, des milliers de Français musulmans choisissent de s’installer au Maroc. En 2024, le pays a accueilli près de 50 000 nouveaux expatriés, dont une large majorité de ressortissants français.
Des motivations multiples, au-delà du seul discours religieux
Le profil de ces candidats à l’installation a évolué. Jeune Afrique notait en avril 2025 que le phénomène, longtemps associé aux cercles les plus rigoristes, touche désormais un public bien plus large. Il intéresse les jeunes couples, les familles avec enfants et les travailleurs indépendants du numérique. Adam, 30 ans, installé à Marrakech avec sa femme et sa fille, résume : il est venu pour le cadre de vie autant que pour la religion.
La pratique religieuse quotidienne pèse dans la décision. Désormais, les intéressés tiennent compte de l’accès aux mosquées, des fêtes rythmant l’année et de la cohérence entre mode de vie et convictions. Ils considèrent aussi le coût de la vie qui est de 40 à 60 % inférieur à la France et la scolarité privée d’environ 75 euros par mois. Le marché locatif abordable fait également partie du calcul.
Insertion et réalités du quotidien
L’installation se heurte à divers obstacles. La maîtrise du darija prend du temps. Le marché du travail local reste peu rémunérateur pour ceux qui ne disposent pas de qualifications recherchées ou d’une activité en ligne. Certains font demi-tour au bout de quelques années, comme Fahd, revenu en France pour des raisons professionnelles après deux ans à Casablanca.
Du côté des Marocains, l’accueil est généralement chaleureux. Ces nouvelles installations concentrées surtout à Marrakech, Tanger et Casablanca évoquent un fait social discret, mais de plus en plus documenté, tant par les chercheurs que par les influenceurs qui en parlent beaucoup.









