Accueil / Business / Nucléaire civil : pourquoi le Maroc place-t-il cette énergie au cœur de sa stratégie en 2026 ?

Nucléaire civil : pourquoi le Maroc place-t-il cette énergie au cœur de sa stratégie en 2026 ?

Le Maroc a paraphé deux déclarations sur le nucléaire civil lors du 2e Sommet international sur l’énergie, organisé à Paris le 10 mars 2026 à l’initiative de la France en partenariat avec l’AIEA. Représentant le Roi Mohammed VI, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a plaidé pour l’intégration progressive de cette technologie dans le mix énergétiquenational, comme prolongement d’une stratégie de décarbonation engagée depuis 2009 et d’un besoin de sécurité d’approvisionnement de plus en plus pressant.

Une trajectoire fondée sur la cohérence

Depuis 2009, sous l’impulsion royale, le Maroc a structuré son modèle énergétique autour de trois axes :

  • la diversification des sources d’énergie ;
  • le développement massif des énergies renouvelables, plus de 46 % des capacités électriques installées fin 2025, avec un objectif de 52 % avant 2030 ;
  • le renforcement de la sécurité énergétique face aux fragilités des marchés fossiles.

Le Maroc dispose d’une base institutionnelle déjà établie pour avancer sur ce dossier. L’AMSSNuR, l’agence nationale de sûreté nucléaire, mène une étude de faisabilité sur l’usage de petits réacteurs modulaires (SMR) dans le cadre du programme national de dessalement de l’eau de mer.

Les applications envisagées dépassent la production d’électricité : hydrogène vert, médecine nucléaire, sécurité alimentaire. Les gisements de phosphate du Royaume, qui renferment des quantités notables d’uranium naturel, ajoutent une dimension stratégique à la position marocaine dans les discussions internationales.

Deux signatures, un cap commun

Au terme du Sommet, le Maroc a paraphé deux textes :

  • une déclaration sur le financement du nucléaire civil, signée par 27 pays, appelant à mobiliser des capitaux publics et privés banques multilatérales, fonds souverains, investisseurs institutionnels pour de nouveaux projets ;
  • un second texte, endossé par 32 nations, reconnaissant formellement le nucléaire comme ressource stratégique dans la transition bas carbone

Les deux déclarations s’inscrivent dans l’objectif adopté à la COP28, celui de tripler les capacités nucléaires mondiales d’ici 2050. Le Maroc avait déjà figuré parmi les 22 premiers signataires de cet engagement, lors de la conférence de Dubaï fin 2023. La prochaine étape passera par des accords bilatéraux concrets portant sur les financements, les transferts de technologie et la formation.

Répondre