Le Conseil d’administration de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement vient d’approuver sa stratégie de transition vers une économie verte 2026-2030 (GET). L’objectif est de mobiliser au moins 150 milliards d’euros de financements verts cumulés d’ici 2030, en combinant fonds propres et capitaux privés. Un montant en hausse d’environ un tiers par rapport à la période 2021-2025, qui couvre environ 6 % des besoins annuels estimés à 564 milliards d’euros dans les pays partenaires.
Le Maroc, partenaire climatique de référence
Dans ce document stratégique, le Maroc est cité à plusieurs reprises comme l’un des pays ayant démontré le niveau d’engagement climatique le plus avancé de la région. Le royaume a transmis à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques sa Contribution déterminée au niveau national, sa Stratégie à long terme et son Plan national d’adaptation.
La vision nationale marocaine est jugée alignée avec les priorités de la BERD, autour de plusieurs axes :
- décarbonation sectorielle et hydrogène vert ;
- transport multimodal et économie circulaire ;
- systèmes agroalimentaires durables et digitalisation.
Sur le plan financier, le Maroc est explicitement identifié comme un pays disposant du potentiel pour émettre davantage d’obligations vertes, sociales et de durabilité (GSSS), contribuant ainsi à l’approfondissement de ses marchés financiers durables.
Décarbonation industrielle : un levier de compétitivité
La stratégie aborde la question du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne. En tant que partenaire commercial important de l’UE dans des secteurs à forte intensité carbone, le Maroc est concerné par ce dispositif. La BERD l’analyse non comme un handicap, mais comme une incitation puissante à moderniser et décarboner les industries exportatrices marocaines pour renforcer leur compétitivité sur les marchés européens.
Depuis 2012, la BERD a investi près de 5,9 milliards d’euros au Maroc à travers 125 projets, dont 69 % orientés vers le secteur privé. En 2025 seul, 312 millions d’euros supplémentaires ont été mobilisés. La nouvelle stratégie GET confirme que cet ancrage s’inscrit dans la durée.









