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Le FMI confirme la résilience marocaine : ce que disent vraiment les chiffres de 2026

Le 20 mars 2026, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a validé ses consultations annuelles avec le Maroc au titre de l’article IV. Le verdict : une économie solide dans ses fondamentaux, mais des défis structurels que les chiffres positifs ne font pas disparaître.

Les données qui plaident pour le Maroc

La croissance du PIB réel devrait atteindre 4,4 % en 2026, après 4,9 % en 2025. Ces performances s’appuient sur trois piliers : le rebond agricole, les grands chantiers d’infrastructure publique et le tourisme. L’inflation s’est maintenue à 0,8 % en moyenne en 2025, un niveau faible qui a permis à Bank Al-Maghrib de conserver une politique monétaire neutre après ses baisses de taux précédentes. Le déficit budgétaire global de 2025 s’est établi à 3,5 % du PIB, inférieur aux prévisions initiales, malgré des dépenses d’investissement public supérieures aux montants budgétisés. Le FMI note par ailleurs que la trajectoire budgétaire est compatible avec une réduction du ratio dette/PIB à 60,5 % d’ici 2031.

Le Maroc conserve également l’accord au titre de la ligne de crédit modulable, dont le FMI confirme qu’il continue de remplir les critères d’éligibilité. Ce filet de précaution, approuvé en avril 2025, reste mobilisable face à d’éventuels chocs externes.

Ce que les chiffres ne règlent pas

Le FMI identifie trois zones de vigilance, dont le chômage d’abord. Il reste structurellement élevé, proche de 13 %, et ne reculerait que lentement malgré la croissance. La traduction de l’investissement en emplois durables reste insuffisante, et le Fonds appelle à un secteur privé plus dynamique et à des réformes du marché du travail.

Les risques externes ensuite : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, volatilité des prix des matières premières, ralentissement possible en zone euro. Le déficit courant devrait se creuser modérément sous l’effet des importations liées aux chantiers d’infrastructure.

Enfin, la dépendance à l’investissement public soulève une question de fond : si les retombées économiques des grands projets sont inférieures aux projections, croissance et emploi en pâtiront directement.

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